La mère de toutes les réformes, c'est l'éducation !

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En Haïti, on les appelle les « restavec », ce sont des enfants pauvres qui ne vont pas à l’école, ils restent à la maison... Pas leur maison mais la maison de gens riches chez qui leurs parents les ont placés car ils ne parviennent plus à les nourrir. Là, ils travaillent comme domestiques, sans salaire, exploités et maltraités, parfois victimes d’abus sexuels.

Les « restavec » existent aussi - sous d’autres noms - dans la plupart des pays en développement et particulièrement en Afrique Sub-Saharienne.

A notre époque, qui est, dit-on, celle de la société de la connaissance, comment peut-on encore accepter que des millions d’enfants, dont une majorité de filles, soient exclus de l’école ? Certes, sous l’impulsion des organisations internationales de la famille des Nations Unies comme l’UNESCO, l’UNICEF, ou la Banque Mondiale, des progrès ont été enregistrés : le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire des pays en développement est passé de 80% en 1990 à 83% en 2000, le nombre d’enfants non scolarisés a été réduit dans le même temps de 105 à 57 millions, malgré la croissance démographique, mais 175 millions d’enfants de 3 à 5 ans n’ont pas accès à l’éducation préscolaire et 132 millions de filles ne sont pas scolarisées. 44 % des filles et 34% des garçons issus des familles les plus pauvres ne sont jamais allés à l’école. Parallèlement, dans de nombreux pays en développement la qualité de l’enseignement est faible : plus de 167 millions d’enfants et d’adolescents en âge de fréquenter l’enseignement primaire et secondaire (soit 6 sur 10) n’atteignent pas les niveaux de compétences minimum requis en lecture et mathématiques.

L’exclusion de l’école et la mauvaise qualité de l’enseignement entraînent des conséquences dramatiques : mariage précoce des filles, pas de maîtrise de la natalité, enracinement des superstitions et de l’obscurantisme, absence d’esprit critique, faible résistance à l’exploitation et à l’oppression, persistance de la pauvreté et des problèmes de santé...

« La mère de toutes les réformes c’est l’éducation ! » proclame le Réseau Education pour Tous en Afrique (REPTA). Cette organisation s’est donnée pour mission de soutenir les pays africains - les plus touchés par l’exclusion scolaire - dans leurs efforts pour ouvrir à tous l’éducation. Dans son numéro 7, daté de septembre 2020, Approches Coopératives donne la parole au REPTA. En lisant la revue, vous apprendrez comment la communauté internationale s’est mobilisée pour lutter contre le fléau de l’exclusion scolaire et comment le REPTA a apporté une contribution efficace à cet effort en particulier en proposant des approches originales et des moyens concrets pour aider les pays africains à transformer leur modèle scolaire, issu de la colonisation, afin que son objectif ne soit plus seulement de former une élite mais de permettre l’universalisation du droit fondamental à l’éducation.