Former des agents de changement

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Le numéro 1 d’Approches Coopératives avait pour thème le partenariat jeunes- adultes et l’émancipation des jeunes. Ce numéro aborde la question de l’émancipation des peuples.

Le fil conducteur, c’est l’itinéraire singulier de notre ami Philippe Missotte. Jeune typographe, chef scout coopté dans l’équipe nationale des Scouts de France, il a été un des initiateurs de la réforme pédagogique, qui en 1964 a réintroduit les méthodes coopératives - par l’intermédiaire de la pédagogie du projet - dans le programme éducatif des Scouts de France, avec la création de la branche des Pionniers (14-18 ans). Envoyé en mission en Nouvelle- Calédonie pour former les responsables locaux, il fut remarqué par le Secrétaire Général du Territoire qui lui proposa de prendre la responsabilité d’un programme de formation d’animateurs de jeunes avec pour mission de s’intéresser particulièrement aux jeunes kanak.


L'étau colonial

Comme beaucoup de populations autochtones, les Kanak, en Nouvelle- Calédonie, ont été chassés de leurs terres et marginalisés par l’arrivée des colons européens. Philippe a créé un centre de formation d’animateurs de jeunesse avec le concours de Jean-Marie Tjibaou, qui allait devenir un des leaders du parti indépendantiste Kanak. Cette rencontre a été déterminante pour sa vie personnelle.

Passionné par la culture singulière du peuple Kanak, il a formé une génération de leaders, acteurs de changement dans leur communauté. Le point culminant de leur action fut l’organisation d’un grand festival de promotion de la culture Kanak, jusqu’alors méprisée et méconnue : ”Mélanesia 2000”. Transformé par cette aventure, Philippe reprit des études de sciences sociales, obtint un doctorat et contribua au développement du ”Collège Coopératif”, un centre universitaire original orientée vers la promotion des approches coopératives et la recherche- action, dont il devint Directeur en 1994.

Les approches coopératives pour lutter contre la marginalisation et l'exclusion

Quarante ans après , le peuple Kanak a pris une place incontournable dans le développement et l’avenir de la Nouvelle- Calédonie.

Le ”Récit” de Philippe nous montre comment les approches coopératives peuvent s’attaquer aux murs de la marginalisation et de l’exclusion.

Le ”Dossier” présente une méthode originale encore peu connue, utilisée par ceux qui aident les peuples autochtones à lutter contre l’accaparement de leurs terres, la ”cartographie participative”.

Elle peut se définir, au sens large, par la création de cartes par les populations locales, afin de les amener à prendre conscience des richesses naturelles, culturelles, individuelles et sociales de leur territoire.

La cartographie participative a permis l’émergence d’une nouvelle approche du développement fondée non plus sur l’analyse des problèmes et des besoins mais sur la mise en évidence des ressources. L’approche fondée sur les besoins conduit à la passivité et à l’assistance, l’approche fondée sur les ressources conduit à la coopération et à l’émancipation.

La cartographie participative est utilisée aussi dans l’éducation non formelle des jeunes pour les aider à prendre conscience des richesses de leur communauté et à s’engager dans le développement de projets d’action sociale ou de création d’entreprises. On peut trouver des exemples d‘utilisation de la cartographie participatilve des jeunes dans deux livres proposés dans notre librairie ”Impliquer les jeunes dans le développement de la communauté” et ”ˆLutter contre la pauvreté par la création de micro- entreprises”.

Un feuilleton : les ”Solexos”

Enfin, ce deuxième numéro de notre revue est marquée par l’arrivée des ”Solexos”, un feuilleton, que nous devons à la plume créative de notre ami Michel Seyrat, et qui met en scène les aventures d’une bande de jeunes décidés à changer les choses autour d’eux. Les Solexos viennent nous rappeler la phrase célèbre de Margaret Mead : ”Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes puisse changer le monde, en réalité c’est ce qui s’est toujours passé...”

Nous espérons que vous prendrez intérêt à la lecture de ce deuxième numéro et que vous n’hésiterez pas à nous écrire pour nous faire part de vos réactions, critiques et suggestions.